Les écrits dans l’activité scientifique
(sources : n°40 de la revue « échanges » - janvier 2001, revue lire-écrire à l’école n° 12 , CRDP Grenoble)
1- favoriser le traitement cognitif
« Il ne peut y avoir acquisition scientifique sans passage à l’écrit »
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Demander aux élèves d’écrire
favorise d’abord l’élaboration de leur propre pensée
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Ecrire avant de parler permet
de mieux définir son point de vue et ses représentations
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L’écrit rend possible un retour
réflexif, une élaboration moins fluide et plus structurée de la pensée
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Mais surtout l’écrit oblige
l’enfant à organiser son raisonnement
2- apprendre à élaborer
« Ecrire c’est faire acte des différents processus d’une recherche scientifique »
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phase initiale : après la réalisation de l’objet |
Les traces écrites s’apparentent à des brouillons |
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par la suite |
Elaboration d’un compte rendu individuel |
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analyse collective |
La confrontation collective permet de mettre en évidence des carences |
"on n'y comprend rien" "c'est pas dans l'ordre" "il manque des choses" ……. |
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retour à l’individuel |
Récriture (avancée dans la structuration du raisonnement : organisation textuelle et des idées) |
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nouvelle confrontation collective |
Elaboration d’un outil pertinent (sous le contrôle du maître) qui pourra servir de référent |
*Voir tableau |
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réécriture définitive |
Elle met en relief les progrès réalisés sur l’activité empirique (observations, expérience) et intellectuelle (idées, explications) Elle permet de produire un énoncé, rédiger une conclusion acceptée par la « communauté » |
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« Organiser son écrit oblige la pensée à se structurer »
*tableau
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Poser le problème |
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1ère étape dessin explications |
2ème étape dessin explications que s'est-il passé ? pourquoi ? |
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Nos conclusions: |
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3- encourager les reprises
- les traces intermédiaires
Il s’agit d’encourager les brouillons, les formes d’écrits provisoires (sans focaliser de façon excessive sur des contraintes linguistiques).
« Eviter à l’enfant de se bloquer par des contraintes trop formelles pour qu’il prenne le risque de penser » JP Astolfi
- les écrits de synthèse
En revanche, il est alors indispensable d’exiger le respect des règles d’écriture normée.
« L’écrit devient le moyen de témoigner de la connaissance élaborée »
1- recueillir des représentations initiales
Oral et/ou écrit ?
Le moyen à privilégier est sans doute l’écrit car il permet de :
• recueillir les propositions
de tous alors qu'à l'oral la totalité des enfants ne s'exprime pas.
• détecter des indices
révélateurs (par le schéma par exemple) dont la représentation mentale
encore inachevée ne trouverait pas les moyens linguistiques de s'exprimer à
l'oral.
• laisser le temps
à l'observateur d'analyser, d'interpréter, de comparer les écrits dans toutes
leurs composantes, ce que l'oral ne permet pas.
• constituer un
support matériel consultable à volonté et à posteriori (pour s'y référer ou
permettre de visualiser
l'évolution des connaissances et pour les comparer), ce que le caractère volatile
de l'oral empêche.
Cet exercice, faire
émerger les conceptions des enfants, ne doit pas s'envisager comme une fin en
soi. L'intérêt est
de les analyser, d'y détecter les erreurs éventuelles et de s'en servir comme
points d'appui pour élaborer les
activités. Cela oblige à réviser le schéma classique du rapport à
l'erreur et donc de sortir de la logique du vrai et du faux.
2- détecter les obstacles résistants et y remédier (si possible par l’expérimentation)
exemple sur la construction du parachute
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OBSTACLE L'air n'est pas de la matière Réseau d'idées associées qui expliquent la résistance de l'obstacle -
la matière est visible |
CONCEPT VISE L'air existe, c'est de la matière Conditions de possibilité pour le franchissement de l'obstacle -
l'air est pesant |
exemple de remédiation
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Trouver un moyen, par groupes, de faire entrer l'eau dans le verre renversé puis schématiser. "ça peut pas marcher, l'eau pourra pas rentrer, le trou est trop haut." |
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3- provoquer une déstabilisation
Les obstacles apparaissent de nouveau quand on fait varier le contexte. Il est alors nécessaire d'introduire des phases de déstabilisation qui donnent l'occasion de les traiter de front.
Exemple1: Dans un saladier rempli d'eau, on pose un bouchon de liège à la surface. Il flotte. Quand on l'enfonce, il remonte.
Que se passe t-il si on enfonce verticalement un gobelet au dessus du bouchon ?
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Réponse 1 (13 enfants) |
Réponse 2 (9 enfants) |
Réponses:
Réponse 1: "il y a un bouchon au fond
du verre parce qu'un bouchon flotte et le bouchon continue à flotter"
Réponse 2: "si j'enfonce le verre
au fond du bocal et que l'eau reste un peu dans le verre le bouchon flotte sur
l'eau qui est dans le verre"
Analyse: Les schémas montrent que la notion "l'air est présent dans le verre et s'oppose à la matière eau" est bien perçue. Par contre, 13 enfants ont "oublié" d'appliquer ce même principe au bouchon.
Expérimentation et conclusion:
Exemple 2: Est-ce que l'air pèse ?
·
Seuls 3 élèves ont répondu affirmativement.
"Oui, l'air pèse mais on ne peut
pas le peser"
"Oui, parce que c'est une chose
qui existe, mais il pèse du poids parce que l'air souffle fort"
· Les autres ont pensé qu'il n'avait pas de masse
"l'air ne pèse pas parce qu'il est invisible"
"l'air ne pèse pas parce qu'il n'a
pas de kilos"
"on le sent pas donc il peut pas
peser"
Un obstacle peut directement piloter les activités: la stratégie consiste à multiplier les angles pour mieux l'attaquer et s'emploie à développer des conflits socio-cognitifs.
Il est important que les élèves écrivent et gèrent leur rédaction car ils doivent se confronter à la logique de l'esprit scientifique, peu rencontré dans la maîtrise de la langue.
Or, trop souvent le passage à l'écrit en sciences consiste à mettre des légendes, remplir des trous, sur des polycopies, recopier des mots, …Ce travail de "mécanisation" ne constitue pas un authentique travail d'écriture; Il faut saisir les occasions pour les comptes rendus, les résumés, les commentaires pratiques, les conclusions, … pour initier l'enfant à l écriture scientifique.
1- activités scientifiques et maîtrise de la langue
a- créer un contexte favorable à l’expression
-
l'enseignement des sciences permet de créer des conditions sociales
de production d'écrits qui échappent aux normes contraignantes et aux évaluations
inhibantes.
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L'écrit s'appuie sur un référent
empirique d'actions effectivement conduites par l'enfant
-
La motivation à écrire est rendue
possible par une perspective de fabrication (notice d'objet technologique) ou
d'expérimentations (le plaisir de manipuler, d'agir sur le réel)
b- renforcer les compétences linguistiques
- Les écrits scientifiques peuvent aussi s'intégrer dans des activités décrochée
mais pour être clair, il ne s'agit pas de profiter de l'écrit de l'élève pour
faire une leçon de grammaire mais de renforcer des compétences à partir d'écrits
fonctionnels
Une difficulté majeure se rencontre
souvent: au moment du passage à l'écrit, les productions s'apparentent davantage
à une transcription de l'oral qu'au respect des structures syntaxiques de l'écrit.
- L'élève doit assimiler les termes scientifiques. Il ne suffit pas de dire,
de nommer, de préciser comme si les mots se suffisaient à eux-mêmes.
Au moment de l'assimilation, un mot
nouveau est toujours un mot immature.
c- favoriser les interactions « parler, lire, écrire »
Oral et écrit se complètent de façon dynamique.
-
Le travail d'écriture est précédé
d'interactions verbales (confrontation des conceptions, verbalisation de l'état
de réflexion, …)
-
Les conduites discursives sont
très diverses (expliquer, décrire, justifier, réfuter, argumenter, coopérer,
…)
2- situation de production d’écrits scientifiques
a- s’initier au caractère scientifique d’un texte pour entraîner son sens critique et développer un comportement adapté
-
le discours quotidien et le
discours scientifique
Inutile de gommer en cachette
pour corriger puisque les concepts sont en voie de construction, l'important
étant justement de recueillir les erreurs et de constater l'évolution des progrès.
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Discours quotidien • L'interlocuteur est un individu ou un groupe identifiable
auquel on s'adresse. - Rien
n'est très précis ni préalablement défini dans le discours : |
Discours scientifique • L'interlocuteur est un collectif abstrait avec lequel
on débat • On cherche à s'émanciper de la subjectivité pour viser
une objectivation. - les circonstances sont les variables mêmes de la recherche. |
- la nature des écrits scientifiques
Prendre en compte un certain nombre de paramètres
-
la situation de production (texte
prescriptif, notice de fabrication)
-
le mode de représentation (textes,
schémas, tableaux, listes, …)
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la fonction du texte (poser des
questions, émettre des hypothèses, réaliser une synthèse,…)
-
l'objet sur lequel porte le texte
(rendre compte ou raconter, décrire ou relater, exposer ou expliquer
- des aides méthodologiques
Voir dossier: aider les élèves à écrire une explication"
b- se familiariser à divers types de textes scientifiques
Il est difficile d'établir une classification de tous les écrits scientifiques produits en classe:
- certains ne s'apparentent pas à des types précis (trame de notes, essais,
idées pour soi, pense-bête)
- d'autres sont plus caractéristiques (notice, compte rendu)
Tous ont vocation à informer (par
opposition aux écrits littéraires)
- la notice de fabrication
C'est un écrit fonctionnel destiné à faire réaliser un montage ou une expérience
sans d'autres explications. Il nécessite donc une prise de distance par rapport
au premier jet initial et permet de concevoir la nécessité de la réécriture
et de l'évaluation.
Le recours à l'observation d'écrits
déjà existants se révèle indispensable.
- le compte-rendu
Il a une fonction dominante informative. Il se différencie du texte narratif
-
ton neutre (pas de remarques
subjectives ou de jugement moral)
-
pas de modalisateurs (selon moi…)
-
pas de tournures littéraires
(phrases exclamatives ou emphatiques)
-
pas de dialogues
-
le système de temps est différent
(pas de passé simple)
-
le contenu est écrit en fonction
d'une fin, d'une conclusion
-
le compte rendu tend à généraliser
(et non à particulariser comme le récit)
-
un plan hiérarchisé met en valeur
les informations
-
des phrases déclaratives; peu
complexes
3- permettre des prolongements
Le sujet d'étude scientifique (l'air par exemple) est propice à une extension pluri-disciplinaire qui exploiterait par exemple son caractère évocateur
-
écrire des poésies
-
réaliser une production en arts
plastiques
-
expression corporelle
Ecrits.doc J L Despretz CPC Landivisiau 2002