Interrogés par écrit en fin de parcours sur les objectifs perçus des séquences (On a comparé ces quatre versions : à votre avis dans quel but ? pour vous apprendre quoi ?), avec pour intention d'ouvrir ensuite un débat sur les réponses produites, certains élèves, minoritaires, montrent qu'ils ont interprété (représentation d'origine scolaire) l'activité comme une activité de vocabulaire ("pour apprendre des mots"). D'autres élèves ont eu une perception fine des intentions éducatives du maître. Ils assignent au travail comparatif plusieurs finalités qu'ils désignent en termes de savoirs ("apprendre ce qu'est une adaptation, comment on s'y prend pour adapter") et de savoir-faire ("apprendre à mieux lire " des textes difficiles en les comparant à des textes plus simples, " apprendre à reconnaître un texte original et ses adaptations"), savoirs et savoir-faire utiles pour ensuite "acheter, choisir, trier par catégories", autrement dit avoir une stratégie de consommateur : "Ça peut nous apprendre à choisir un livre pour qu'il nous plaise, par exemple : je trouve un livre, je veux le texte original, si je prends une adaptation, je vais m'ennuyer ; ou, je veux une adaptation, je prends l'original, je ne vais pas comprendre. "Effet secondaire sans doute d'une pratique intensive de l'interaction lecture / écriture, quelques élèves croient déceler chez le maître une dernière intention qu'il n'a jamais eue mais dont il concédera qu'il aurait dû l'avoir : "nous apprendre à faire nous-mêmes des adaptations pour les petits".

On voit comment de cet échange peut naître, secondairement, un projet d'écriture, qui est aussi un projet d'apprentissage, et qui ne doit rien au maître.